Rachel Bocher (Inph):
« Pourquoi j'ai signé ».
qdm Journal N° 7501
du 18-Mar-2004 - Page 03 - Réf.Doc : 175873
La Présidente de
l'Intersyndicat national de praticiens hospitaliers (Inph) justifie son ralliement tardif à la réforme de la
gouvernance.
Votre décision
de signer le relevé de conclusion des pouvoirs publics sur la gouvernance de
l'hôpital fait beaucoup de vagues, y compris à l'intérieur de votre syndicat.
Regrettez-vous votre geste ?
« Regretter » ? Non. L'Inph est un grand intersyndicat. Une minorité s'exprime, c'est normal, c'est la démocratie. Qu'aurait-on dit s'il y avait eu unanimité pour signer ce relevé de conclusions ?
Q.M :
Pourquoi, après l'avoir combattu, avez-vous finalement décidé d'adhérer à ce projet ?
Je crois qu'il faut remettre les choses au point. Nous avons signé un relevé de conclusions qui nous permet de participer à un groupe de réflexion : le comité de suivi de la réforme de la gouvernance. Et nous l'avons signé parce que les pouvoirs publics on fait sauter un certain nombre de verrous.
Jean-François Mattei reconnaît aujourd'hui la nécessité de
certaines dispositions notables - elles concernent notamment des sujets aussi
importants que la démocratie à l'intérieur de l'hôpital, L'évolution du statut
des praticiens hospitaliers... -, nous lui en donnons acte.
Q.M.
Les engagements
du ministre ne semblent pas faire plaisir à toutes les organisations
signataires avant vous du relevé de conclusions ?
M. Mattei a
signé des engagements, il pouvait ne pas le faire. C'est la parole de l'Etat
qui est en jeu et elle nous a été donnée en cohérence avec ce que nous sommes,
nous Inph. C'est à cette condition que nous avons pu
et que nous pouvons continuer à nous asseoir à la table des négociations, sans
rien renier de nos convictions ni de nos réserves, car réserves nous gardons
sur d'autres volets d'Hôpital 2007, comme la
tarification à l'activité.
Q.M :
Il est difficile pour certains de vous voir passer
de la contestation dans la rue à la négociation au ministère.
Dr Rachel
BOCHER :
C'est pourtant grâce à la mobilisation, grâce à la pétition que nous avons envoyée au ministre que des liens avec les pouvoirs publics ont pu être retissés. Les manifestations n'étaient pas un coup d'épée dans l'eau.
Q.M.
Comment concevez-vous votre rôle au sein
du comité de suivi ?
Dr Rachel
BOCHER :
J'y serai une force de proposition et je porterai le débat contradictoire.
Jusqu'à ce que
l'Inph signe, on pouvait croire que ce comité de
suivi s'apparentait à un « club d'amis ». Ce n'est plus le cas. L'Inph arrive intact, avec ses propositions pour faire
avancer le débat. Nous ferons preuve d'esprit critique et de vigilance quand il
va s'agir en particulier d'établir des textes réglementaires à partir des
résultats des expérimentations qui sont - ou vont être - lancées.
Q.M :
Il paraît
probable que ce dossier de la gouvernance va être à l'origine d'une
recomposition des syndicats de médecins hospitaliers. Cela vous chagrine-t-il ?
Dr Rachel BOCHER
N'allons pas trop vite. On est actuellement dans une situation complexe. Avant les syndicats, c'est l'hôpital qui est en difficulté, il ne faut pas l'oublier. Notre intérêt, la responsabilité qui est la nôtre, c'est de faire avancer l'hôpital. Or comment le faire sans parler d'organisation interne, de place des médecins, de statut ? Je ne vois pas comment être absente de ce débat-là. Et je ne doute pas que la minorité au sein de l'Inph qui ne pense pas comme moi finira par se rallier au bien-fondé de cette démarche.
> PROPOS RECUEILLIS PAR K. P.