Bonnet d'âne pour la moitié des CHU

Christophe Labbé et Olivia Recasens

Près de la moitié des centres hospitalo-universitaires ne remplissent pas
leur mission. C'est le verdict accablant d'un rapport de l'Inspection
générale des affaires sociales que Le Point s'est procuré. Sur les 27 CHU
français, 13 écopent d'un bonnet d'âne en matière de recherche et de
formation. Parmi eux, Dijon, Caen, Besançon ou Brest.


Pour ce qui est de l'activité de recherche, les CHU avaient déclaré, en
2002, 14 500 essais cliniques en cours. L'Igas en a compté sept fois moins.
Les deux tiers de ces essais, lancés pour l'essentiel par l'industrie
pharmaceutique, « n'aboutissent pas à un résultat publiable ». Certains CHU
comme Poitiers, Reims, Angers, Pointe-à-Pitre, Clermont-Ferrand et
Fort-de-France n'en réalisent carrément aucun. Tandis que 8 CHU assurent à
eux seuls « près des trois quarts de l'effort de recherche ».

Même désastre concernant la formation des futurs médecins, pourtant l'une
des principales fonctions des CHU. « La qualité et la nature des
enseignements de deuxième et troisième cycles posent de très graves
problèmes », note l'Igas. Ainsi, certains centres hospitalo-universitaires
n'offrent pas d'« enseignement pratique minimal en anatomie ». En 2002,
c'était le cas à Limoges, Brest, Besançon, Dijon, Amiens et Rouen. Au
final,
le taux de réussite à l'internat en 2003 variait de 75 % à Paris- V-Cochin
à
moins de 40 % dans certains petits CHU. L'Igas s'étonne aussi que les CHU
forment pour un coût élevé « des spécialistes dont on n'a pas forcément
besoin dans des régions où ils ne sont pas forcément nécessaires ». A
l'inverse, certaines disciplines sont menacées de disparition. On ne compte
actuellement que 38 étudiants en hématologie, 37 en neurochirurgie, 34 en
cancérologie, 8 en rééducation fonctionnelle et 2 en stomatologie. Alors
même que la lutte contre le cancer ou le handicap et la prise en charge des
personnes âgées sont présentées par le gouvernement comme des priorités



© le point 21/10/04 - N°1675 -