CONFERENCE DE PRESSE
Lundi 4 avril 2005
Mesdames, Messieurs,
Je suis contente, au nom de l’INPH, de vous accueillir. La
première question que je pose :
« Avez-vous des nouvelles du Ministre de la Santé . Y
a-t-il un Ministre de la Santé ? »
Cela est pour dire qu’il n’y a à ce jour ni concertation, ni
négociation, ni même d’information de sa part.
L’hôpital décidément n’intéresse pas
Monsieur DOUSTE-BLAZY, c’est dommage. Face à ce constat, nous sommes
mobilisés pour faire échec aux basse manœuvres de la 25ème heure
(comme celle de la signature de la semaine passée).
Nous sommes mobilisés car l’image que le Ministre de la
Santé a du dialogue social est celle du siècle passé, c’est-à-dire, s’apparente
à un échange mondain bien loin de nos réalités et de nos difficultés
quotidiennes.
L’INPH n’a pas l’intention de changer mais plutôt de s’adapter. Ce qui veut dire :
Nous vous avons demandé de venir aujourd’hui car la signature de jeudi entre les Pouvoirs Publics et un syndicat, voire un syndicat et demi de praticiens (je veux parler du SNAM-HP) qui comprend plus de la moitié de ses membres comme hospitalo-universitaires et non pas comme praticiens hospitaliers directement concernés par cette signature).
Cette signature est largement minotaire sur
un sujet aussi important ; cela est non seulement scandaleux sur la forme,
mais inadapté sur le fond. En clair, il restera ce qu’il est « un petit
accord entre petits amis ». Tout est laissé en suspens ! Rien n’est
réglé et l’INPH compte mettre en œuvre
plusieurs moyens pour mobiliser le monde hospitalier :
1) Des
réunions régionales sont d’ores et déjà programmées dans
le mois pour informer, sensibiliser et mobiliser
. le 2 avril à Avignon,
. le 7 avril à Lille
. le 11 avril à Nancy
. le 12 avril à Nantes
. le 13 avril à Rennes
. le 15 avril à
Montfermeil
. le 19 avril à Dijon
. le 20 ou 21 avril à
Bastia
. le 3 mai à Lyon
. le 6 ou le 9 mai à
Marseille
. le 11 mai à La
Rochelle
. le 12 mai à Orléans
. le 19 mai à
Montpellier
2) Un préavis de grève est d’ores et déjà acté dans le principe ; la date en sera
fixée dans les jours qui viennent en fonction de l’attitude des Pouvoirs
Publics ; par exemple, notamment par l’ouverture ou non des négociations.
3) Un colloque national de l’INPH aura lieu le 18 mai à Paris à l’hôpital Sainte Anne qui ne manquera pas d’ordre du jour à
commencer par le dépouillement de notre enquête sur l’attractivité du
statut. Ce jour, 2 187 réponses.
4) Dès cette semaine, en ma qualité de présidente de l’INPH, je vais
avoir l’honneur d’interpeller
directement Monsieur le Président de la République dont les principes
sur la fracture sociale et l’attachement sans cesse répété pour un service
public de santé ne semble pas jusqu’à ce jour sortir en dehors du Palais de
l’Elysée.
Egal accès au soin, et lutte contre la
misère sociale dans les propos à l’Elysée, se traduit avenue de Ségur par paupérisation
et liquidation de l’hôpital et de ses personnels au fins d’une
privatisation « à bon compte ».
Aucun vrai
problème n’est réglé, rien sur la
démographie médicale tant hospitalière et plus particulièrement dans les
spécialités pénuriques (psychiatrie, chirurgie) que sur les déserts médicaux,
rien sur la permanence de soins où l’on crée trois systèmes cloisonnés :
libéraux, urgences hospitalières et services hospitaliers au lieu de réaffirmer
le principe d’une régulation unique associant Centre 15 – généralistes - urgentistes hospitaliers, rien sur les
retraites (aucun échéancier), rien sur la chirurgie hospitalière (les
chirurgiens sont toujours prêts à s’exiler), ni sur la psychiatrie (saturée,
prête à exploser). On peut reparler de Pau et des promesses du Ministre….
Bref, aucun calendrier
sérieux pour prendre à bras le corps tous ces problèmes.
Je vous rappelle
nos axes prioritaires définis le 5 janvier dernier
·
Vers un statut unique temps plein –
temps partiel,
·
Mise en place des valences
statutaires : valorisation de la compétence dans des missions
spécifiques en toute indépendance professionnelle et dans la transparence la
plus totale,
·
permanence des soins : harmonisation public – privé
(transparence), homogénéisation des définitions et des répartitions,
·
retraite
· formation
médicale continue. La FMC ne doit pas être déconnectée
de l’EPP et son financement doit être revu en conséquence.
On l’a compris la
réforme hospitalière ambitieuse n’est
pas à l’ordre du jour de ce gouvernement. Notre inquiétude fait tâche
d’huile et atteint aujourd’hui les plus jeunes d’entre nous, puisque les
étudiants en médecine sont en grève mercredi.
Quand la santé n’est traitée qu’en fonction
de la météo, quand la recherche est malmenée, quand les étudiants sont
bousculés, quand la permanence des soins est entravée, quand les comptes
publiés par la CADES ressortent comme aggravés après la première évaluation de
la réforme de l’assurance maladie de Monsieur DOUSTE-BLAZY (cades.fr), quand la
T2A a du plomb dans l’aile et le sous-financement des hôpitaux avéré, tous les
ingrédients d’une révolte sont réunis. Pour autant, l’INPH recherchera avec ce
gouvernement ou plus certainement avec le suivant, avec calme et détermination,
à faire avancer la grande idée d’un service de santé cohérent, mixte et
performant.
En conclusion,
pour l’INPH, rien n’a été fait ce jour pour la rénovation du statut de
praticien hospitalier adapté à l’hôpital du XXIème siècle. Rien n’est réglé en
dépit de l’abondant courrier que Monsieur DOUSTE-BLAZY a cru bon d’envoyer
directement aux praticiens hospitaliers et dont on sait qu’il lui est retourné
en masse assorti de commentaires dont les plus softs sont « lu et non
approuvé ».
Pour terminer par
une note positive, j’ai le plaisir de vous informer que le syndicat de
praticiens de Polynésie française, dont le Président est chirurgien, vient
d’adhérer officiellement à l’INPH se reconnaissant dans notre démarche
constructive.
Nous reviendrons
sur cette non-signature avec l’ensemble des
présidents des différents syndicats constituant l’INPH, pour vous
dire que :
1)
la
méthode est en-dessous de tout,
2)
les propositions sont insuffisantes
et peu rassurantes
3) la date n’a rien à voir avec le processus mais comme
beaucoup de Français, la morosité nous envahit et c’est avec regret mais
détermination que nous avons dit NON
Présidente de l’INPH