VI - LA FORMATION INITIALE et LA FORMATION CONTINUE

DES MEDECINS et DES PHARMACIENS

 

 

FORMATION MEDICALE INITIALE

ET FORMATION MEDICALE CONTINUE

 

A l’orée de l’an 2000, l’INPH estime nécessaire la modernisation de la formation initiale des médecins. Celle ci par son efficience et sa pertinence doit permettre aux futurs médecins d’acquérir les connaissances et d’affronter les défis du XXI° siècle. Le principe de l’université française doit être maintenue. Il repose sur l’égalité des chances, la promotion des esprits les plus volontaires dans un esprit de transparence afin de maintenir le concept d’ascenseur social qui fait l’honneur de notre démocratie.

L’INPH souhaite le développement d’une FMC de qualité. Il est fondamental de garantir l’indépendance entre la demande de FMC des PH, les besoins des institutions hospitalières, les organisateurs de FMC et les organismes finançant la FMC. Le financement de la FMC doit être transparent et il convient de recenser tous les gisements permettant le financement d’une FMC hospitalière de qualité.

 

A - Formation Initiale

 

I- Le premier cycle des études médicales : Le PCEM

1.1- Le principe du numerus clausus

Le numerus clausus reste une stratégie à long terme sur la régulation de la démographie médicale. Le nombre de reçus doit tenir compte des besoins réels de la population et devrait être déterminé par une Commission Nationale de Santé associant  la direction des hôpitaux, la direction générale de la santé, les intersyndicales des professions médicales (public et privé) et l’université dans sa partie santé

1.2- La sélection en fin de PCEM1

La sélection en PCEM1 doit se répartir de façon équilibrée entre des matières scientifiques (chimie, biochimie, biophysique, anatomie, ...) et des matières littéraires (sciences humaines, psychologie, anglais, éthique ...). Des coefficients identiques pour toutes les matières dites robustes, rendront ce concours accessible aux bacheliers non scientifiques.

1.3- L’enseignement en PCEM2

A côté des matières traditionnellement médicales, il faut compléter la maîtrise de l’anglais et intégrer des matières comme l’épidémiologie, l’économie de santé, l’initiation aux statistiques et à la santé publique.

La fin du PCEM 2 débouche sur l’obtention d’un DEUG des sciences de la vie.

Les stages infirmiers s’effectuent au sein des EPS sous la responsabilité du chef de service et un maître de stage infirmier initie les étudiants aux soins infirmiers.

1.4- En cas d’échec en fin de PCEM1

L’échec en fin de PCEM 1 doit être relativisé par la validation d’une première année de de DEUG sciences de la vie.

Cette validation nécessite l’obtention de la moyenne aux examens sur l’ensemble des matières.

1.5- Le principe des université de santé.

Pour, l’INPH, la volonté de création d’un premier cycle d’université de Santé englobant les étudiants désirant effectuer la Pharmacie, la Médecine, l’Odontologie, la Kinésithérapie voire les Soins Infirmiers, avec un choix conditionné par le classement au niveau d'un DEUG de Santé, voire d'une maîtrise est à proscrire. Le choix doit être motivé par la vocation pour une profession et non par le classement à un DEUG de Santé.

 

2- Le Deuxième Cycle des études médicales : le DCEM

Il est nécessaire de supprimer les effets délétères de la préparation parallèle actuelle de l’internat et d’améliorer l’enseignement clinique de la pratique médicale.

Le CSCT est supprimé et remplacé par un Master national.

2.1 - une formation théorique

La formation théorique ne doit pas reposer uniquement sur des enseignements magistraux, elle doit développer des modèles innovants d'éducation médicale tels que le concept de l'approche par problèmes ou APP (problem based learning des anglo-saxons). Concept selon lequel l'enseignement et l'apprentissage des sciences fondamentales doivent être organisés dans un contexte aussi proche que possible de celui du praticien. Une fois les connaissances de bases maîtrisées, l'apprentissage du diagnostic fait l'objet d'une autre méthode pédagogique : l'apprentissage au raisonnement clinique ou ARC.

Ces méthodes doivent permettre de développer l’auto-apprentissage chez l’étudiant.

L’enseignement de la pathologie s’effectue par modules transversaux (par exemple pneumologie cardiologie) et des modules optionnels qui permettent de susciter des vocations dans certaines spécialités universitaires ou d’exercice (urgence, soins palliatifs, ....).

2.2-Une formation clinique de terrain

La formation clinique de terrain est le fondement de l’apprentissage de la pratique médicale. Cette formation doit s’effectuer dans un système de compagnonnage sous la responsabilité de maîtres de stage. Les stages cliniques s’effectuent dans les services hospitaliers universitaires, non universitaires et dans le secteur libéral. Une évaluation du stage de service et du maître de stage est effectuée sur le projet de formation clinique et l’appréciation des étudiants. L’accréditation est obtenue au niveau régional. L’évaluation des étudiants sur le plan clinique s’effectue par un maître de stage indépendant

2.3 - L’examen final de DCEM : un Master

L’examen final est un Master ne permettant pas à lui seul la pratique clinique. Il doit garantir l’anonymat et se dérouler à l’échelon national, le même jour dans toutes les UFR médicales. Cet examen, basé sur le principe de l’APP et de l’ARC, repose sur  :

  • une épreuve orale, reposant sur les mêmes principes, pour évaluer les aptitudes et connaissances cliniques des étudiants ( " l’Objective Structured Clinical Examination " des anglo-saxons) recourant au système des " Standardised Patients ". Il s’agit d’une technique d’évaluation par ateliers successifs dans lesquels les étudiants doivent montrer leur capacité à régler des cas cliniques allant de l’interrogatoire à la prescription thérapeutique avec au besoin une interprétation iconographique. Cette méthode d’évaluation, se déroule au niveau régional, après une organisation nationale avec des examinateurs indépendants de la région.
  • Les résultats au Master sont un élément d’évaluation et de la pertinence de la formation des différentes UFR en vue d’une accréditation qui est contractualisée.

    2.4 - Le classement pour le choix de la filière du 3eme cycle.

    Pour l’étudiant, le résultat au Master détermine un classement national. Le choix de la filière et de la région pour effectuer le 3eme cycle dépendrait de ce classement. Cette mesure favorise l’émulation entre les régions universitaires.

     

    3- Le Cas particulier des médecins titulaires de diplômes hors CEE.

    Le Master doit être accessible aux médecins titulaires de diplômes hors CEE désirant exercer en Europe. Un quota annuel doit être fixé par l’Assemblée Nationale de façon à respecter l’équité par rapport aux étudiants soumis au numerus clausus. En cas de succès, ces médecins sont intégrés dans le classement national pour le choix de la filière de 3ème cycle avec les mêmes prérogatives que les autres étudiants européens. L’installation dans la zone médicale européenne est obtenue en fin de cursus.

    Chaque année, l’épreuve écrite en français du Master est proposée au niveau de chaque ambassade. L’épreuve orale s’effectue ensuite en France. Le financement du 3ème cycle est soit assurée par le pays d’origine soit par la France dans des projets de coopération.

    L’INPH discrédite clairement toute velléité de maintenir la voie du DIS, source d’une exploitation éhontée d’étudiants étrangers.

     

    4- Le 3ème cycle des études médicales

    Le classement de fin de DCEM permet le choix entre 3 filières :

    a - filière de médecine générale engobant les soins primaires d’urgence (3ans)

    b - filière de spécialité (3 à 5 ans)

    c - filière de non-praticien (épidémiologie, santé publique, ...).

    Le choix de l’étudiant est fonction de son classement qui résulte de la sommation des résultats à l’examen national du Master et de ceux des modules optionnels.

    Le nombre de places dans chaque filière et dans chaque spécialité (sous filière) est décidé au niveau national et régional. En lieu et place du terme internat, celui de résidanat semble préférable et pourrait se décliner comme suit :

  • Résidanat de médecine générale (4 ans) (La médecine générale s’apparente à une véritable spécialité comme la Family Practice aux USA).
  • Résidanat de spécialités (4 à 5 ans)
  • Durant ce résidanat une formation théorique est assurée et validée. La formation pratique s’effectue dans des hôpitaux universitaires et non universitaires, voir du secteur libéral, par compagnonnage sous le tutorat d’un maître de stage (livret de stage).

    L’INPH souscrit à l’évolution vers une certification européenne, composé d’une épreuve écrite (QCM, CROC, cas clinique) et d’une épreuve orale . Cette normalisation européenne permettrait d’évaluer et accréditer la qualité de l’enseignement pratique et théorique des UFR par rapport à leurs collègues européennes.

    La thèse doctorat en Médecine peut être soutenue dès le 3ème année du 3ème cycle. Dès lors qu’elle est validée, la thèse autorise une activité de " senior " en gardes et la possibilité de remplacement dans le secteur libéral..

     

    5- L’accréditation- évaluation des UFR de Médecine.

    Un système d’évaluation accréditation des différentes UFR en France s’impose car celles ci sont trop nombreuses. Cette évaluation accréditation tient compte des résultats obtenus au Master , aux résultats aux examens du 3° cycle et à l’évaluation des stages par les étudiants et les résidents.

    Les enseignants sont des praticiens hospitaliers à temps partiel. La charge d’enseignement est contractualisée pour 5 ans et évaluée sur les résultats au Master, au diplôme de fin de 3° cycle, et par les étudiants. La fonction de maître de stage est dévolue à des universitaires, à des non universitaires par le biais des valences statutaires. Cette fonction doit être évaluée et accréditée tous les 5 ans.

     

    B - La Formation Médicale Continue

    1- Les enjeux de la FMC :

    a- l’obligation de FMC

    Actuellement les médecins sont soumis, par obligation légale et ordinale à effectuer une mise à jour régulière de leurs connaissances par le biais d’une formation médicale continue. Il est fondamental de garantir l’indépendance entre la demande de FMC des PH, les besoins des institutions hospitalières, les organisateurs de FMC et les organismes finançant la FMC

    b- Les objectifs de la FMC

    La FMC s’adresse à des professionnels de santé qui sont conscients de leurs propres besoins de formation. La connaissance médicale n’a jamais évolué aussi vite que lors des dernières décennies, et l’obligation de la pratique de la médecine selon les données actuelles de la science se heurte aux limites de temps et de ressources que peuvent y consacrer les praticiens. Cette FMC ne peut se limiter à des cours magistraux au sein des UFR pour vulgariser les dernières données scientifiques, mais impose la transmission de données épidémiologiques, d’expérience professionnelle (stage pratique). La FMC permettra au professionnels de santé de maintenir son niveau de connaissance théorique et pratique pour assumer l’évaluation des pratiques de soins des établissements de santé selon les standard d’assurance qualité aboutissant à une accréditation de l’établissement de santé.

    c- Le financement de la FMC.

    Le financement de la FMC est un enjeu considérable, tant sur le plan de la masse monétaire mobilisée que par les enjeux de pouvoirs que cela sous-entend.

    La FMC des PH titulaires, contractuels et temporaires doit être financée par les établissements de soins. L’enveloppe annuelle allouée au PH doit se monter à 5000 Francs. La possibilité de défiscalisation au titre de frais professionnels doit être accessible aux médecins salariés qui veulent investir de façon supplémentaire dans leur FMC.

    Surtout le financement impose une mutualisation régionale des moyens financiers. Cette mutualisation contribuerait à la transparence et à l’égalité d’une FMC pour tous les PH. Cette contribution serait sous la responsabilité de la Cour Régionale des Comptes.

    Tous les gisements financiers doivent être mobilisés. A côté du financement légal par les EPS de la FMC (3 % de la masse salariale des PH), il convient de mobiliser les contributions des firmes pharmaceutiques et celles provenant des reversements de l’activité privée hospitalière et des diverses associations loi 1901 existant au sein des hôpitaux.

    d- Le libre choix de la FMC

    Au sein des EPS, les PH doivent pouvoir choisir les modalités de leur FMC en tenant compte de leurs besoins personnels et en respectant le projet des établissements de santé. La CME est le garant devant les tribunaux administratifs, du respect des possibilités financières et statutaires de la FMC des PH.

     

    2- L’organisation de la FMC.

    1. Les différents Conseils Nationaux de FMC.

    Ils devront faire place à un seul Conseil National de FMC, dont le rôle est consultatif.

    b) L’organisation en collège de spécialité.

    Chaque grande discipline médicale, pharmaceutique ou odontologique, doit mettre en place un " Collège de formation " dans lequel se regroupent l’ensemble des acteurs de cette discipline (universitaires, sociétés savantes, syndicats professionnels, libéraux, hospitaliers et salariés). Ce collège a comme mission d’accréditer les différentes formations proposées aux professionnels selon des critères transparents, robustes et reproductibles. Ces critères sont spécifiques à chaque grande discipline y compris pour la médecine générale .

    Le collège est totalement indépendant des financeurs de la FMC et des organisateur de FMC puisque son rôle est de sélectionner le plus objectivement possible les FMC de qualité. Il distribue annuellement des points FMC correspondant aux actions de formation continue effectuées par chaque praticien. Pour être membre de ce collège, le praticien doit s’acquitter d’une cotisation annuelle modeste et avoir validé un nombre minimum annuel de point FMC . Tous les cinq ans, le praticien pourra alors prouver qu’il a répondu à ses obligations de FMC par sa simple appartenance validée au collège de sa spécialité auprès du conseil départemental de l’ordre pour les libéraux, ou de la CME de son établissement pour les hospitaliers.

    En terme de financement, chaque collège peut parfaitement subvenir à ces besoins par le biais de la cotisation de ses membres et par les demandes d’accréditation des organismes de formation (frais de gestion et d’étude de leurs dossiers).

    Ainsi, la validation de la FMC est-elle assurée de façon transparente, sans enjeux ni de pouvoir ni d’ordre financier. Cela a également pour intérêt de simplifier l’ensemble des procédures. Ces collèges sont des associations régies par la loi de 1901.

     

    3- La recertification .

    La recertification proposée récemment par la CNAMTS est complètement rejetée par l’INPH. Il est urgent de réaliser la mise en place d’une FMC de qualité et indépendante et d’actualiser les procédures d’évaluation et de l’accréditation.

     

    4- La possibilité de passerelle

    L’évolutivité de la carrière dans une discipline peut amener un praticien hospitalier à choisir une reconversion dans des fonctions transversale (DIM, Santé Publique, gestion hospitalière, etc.). Cette reconversion doit être accessible par un enseignement adapté acquis soit lors de sessions de FMC ou par une année sabbatique obtenue à partir du Livret Épargne Temps. Cette reconversion maintien le statut de PH et son niveau de rémunération.

     

     

     

     

    FORMATION INITIALE

    ET FORMATION CONTINUE DES PHARMACIENS

     

     

    A - Formation initiale des pharmaciens

    Le SYNPREFH estime indispensable une réforme des études pharmaceutiques compte tenu de l’évolution des différentes spécialisations en pharmacie.

    Un projet de réforme est actuellement à l'étude au ministère de l'Éducation Nationale. Il prévoit, après l'obtention d'un DEUG (deux ans), une année de tronc commun aux professions de santé (pharmacie, médecine, odontologie) permettant l'accès par concours à une des disciplines précitées.

    Le SYNPREFH demande à revoir ce projet en tenant compte de certaines conditions :

  • cette réforme ne doit pas être l'occasion de diminuer, de façon arbitraire et drastique, le nombre d'étudiants en pharmacie sans considération des réels besoins de la population et une étude approfondie des flux de formation en fonction des débouchés des différentes filières ;
  • chaque étudiant doit pouvoir se déterminer volontairement quant à la profession qu'il désire exercer. Il faut pour cela lui offrir la possibilité de se présenter à un ou plusieurs concours (médecine, pharmacie, dentaire,…) après l’obtention du DEUG ;
  • des passerelles avec d’autres formations qualifiantes doivent pouvoir être accessibles aux candidats non classés en rang utile aux concours ;
  • l'enseignement prodigué pendant les trois années (ou quatre si l’on inclut des stages pratiques) de pharmacie qui suivent le concours, doit pouvoir faire du pharmacien un spécialiste du médicament mais également un acteur de santé capable de participer à de nombreuses actions de santé publique (éducation sanitaire, hygiène, réseaux, HAD ...) avec une connaissance approfondie du malade, des pathologies, des démarches diagnostiques et thérapeutiques. Cet enseignement doit rétablir un équilibre entre l’enseignement magistral et un enseignement intégré plus dynamique qui fait appel à l’esprit d’analyse et de synthèse des étudiants. Pour cela les facultés doivent obtenir les moyens de faire largement appel aux professionnels, qu'ils soient hospitaliers, officinaux ou industriels.
  • un troisième cycle d’étude doit être prévu et adapté aux spécificités de l’exercice hospitalier en pharmacie hospitalière ou dans d’autres spécialités transversales ouvertes aux pharmaciens (hygiène, économie de santé, épidémiologie ...).
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    B - Formation continue des pharmaciens

    La formation continue des pharmaciens présente les mêmes objectifs, le même esprit de liberté de choix de la formation, le même type de financement et la même organisation que ceux développés au niveau de la formation médicale continue (FMC).

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