V - LA DEMOGRAPHIE MEDICALE

 

 

La France connaît un problème de démographie médicale qui peut se décliner sous différents aspects.

a) Il existe un déséquilibre entre spécialistes et généralistes avec un surplus des premiers.

b) Il existe un déficit croissant de jeunes médecins choisissant les carrières hospitalières.

c) Certaines disciplines connaissent des difficultés de recrutement (aussi bien en public qu’en secteur libéral) alors que d’autres sont si pléthoriques que les jeunes médecins ne peuvent envisager soit de s’installer correctement, soit de trouver un poste hospitalier.

d) Les flux de formations ne sont aucunement adaptés ni aux besoins du secteur libéral ni à ceux de secteur public.

Il y avait en 1998 : 3491 postes non occupés par un titulaire ou occupés de façon précaire sur les 2177 postes budgétisés (soit 16,2 % de postes vacants).

Ces vacances de postes sont de 13,10 % en CHU et de 17,50 % en CH non U.

Cette situation s’aggrave chaque année depuis 10 ans. En 2004, soit dans 5 ans à peine, certaines disciplines connaîtront de telles difficultés que nombre d’Établissements Publics de Santé et parfois même le secteur privé ne pourront plus fonctionner.

Une réforme est nécessaire, à plusieurs niveaux et de façon immédiate.

1) Il faut adapter la formation en instaurant une adaptation des flux aux besoins de l’ensemble des disciplines et de l’ensemble des secteurs de soins.

a - Le numerus clausus doit être adapté et sûrement desserré. Cette mesure n’a d’intérêt qu’à long terme (10 ans au moins).

b - La notion de filière régie par la notion de flux discipline par discipline reposant sur l’adéquation avec les besoins authentifiés doit être étendue à l’ensemble du troisième cycle des études médicales.

2 ) Il faut rendre l’hôpital public plus accessible pour les jeunes médecins issus de la formation mais aussi pour limiter les départs de praticiens titulaires vers le secteur libéral.

Une révision du statut s’impose par l’application des valences (enseignement, recherche, gestion, responsabilité et pénibilité, ...), qui doivent s’accompagner d’une revalorisation intellectuelle et financière rendant la carrière plus attractive en terme de responsabilisation te de rémunération.

3) Une réorganisation de l’offre de soins publique et privée doit compléter les deux premières réformes, en tenant compte de la notion de bassin de population et d’une organisation en niveau de prise en charge.

De même le fonctionnement interne des hôpitaux doit être modernisé et démocratisé.

Sur cette question, les décisions politiques doivent être prises pour combler un immobilisme de 15 ans. Ce dossier mérite donc un traitement immédiat. L’INPH le considère comme prioritaire.

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