LINPH considère comme nécessaire ladaptation de lOrdonnance de 1958 ayant trait à la création des CHU et aux relations entre lhôpital public et luniversité via les UFR de Médecine.
LINPH mesure sans ambiguïté aucune les avancées positives indiscutables quont apportés ces textes il y a plus de 40 ans. Il est cependant nécessaire den reconnaître les aléas à lheure où le paysage hospitalier et lenvironnement socio-économique, ainsi que le contexte général ont évolué.
En France, il existe 43 UFR dont 11 à Paris, employant 5400 PU et MCU pour 3500 étudiants. De nombreux praticiens hospitaliers mono-appartenants participent très activement à lenseignement non seulement au lit du patient, mais aussi à lenseignement théorique des 1er, 2eme et 3eme cycle au sein des UFR. Certains sont responsables de diplômes universitaires ou inter universitaires. Ces praticiens nont aucune reconnaissance ni statutaire, ni en terme de considération sur ce type dactivité.
Il nexiste pas de logique de coopération et de synergie entre CHU peu distants.
Au sein des CHU, les structures hospitalières sont calquées le plus souvent sur les besoins de luniversité et non sur les besoins de la population desservie. Cela aboutit à lexistence de structures doublons au sein du même établissement, à la multiplication de services ou autres structures dont lactivité est essentiellement voire exclusivement la recherche ou la publication au détriment des structures dont lactivité est clinique. Les responsabilités des structures des CHU sont exclusivement réservées aux seuls PU-PH qui doivent dans le même temps être enseignant, chercheur, clinicien et gestionnaire. Les MCU-PH et les PH sont exclus de ces responsabilités de façon systématique et relégués à des tâches subalternes en dehors de lactivité clinique qui reste la seule tâche noble à laquelle ils ont accès. Cette situation nest pas performante dans de nombreux cas et est responsable de tensions entre les corps différents et de démotivation dangereuse.
Le recrutement des praticiens universitaires ou non se fait essentiellement sur le seul critère de la recherche. Aucun critère daptitude à lenseignement, à la pratique clinique auprès des malades et à la gestion humaine nest considéré à sa juste valeur.
Concernant la recherche, le CHU à une mission essentiellement de recherche clinique et non fondamentale puisque cette dernière est effectuée au sein dorganismes spécifiques comme lINSERM et le CNRS notamment.
LINPH propose pour résoudre ces problèmes une révision des textes actuels.
1) Limiter le nombre de CHU.
Pour prétendre être CHU ou UFR, le nombre détudiants inscrits en PCEM2 doit impérativement être de 100 au minimum.
2) Inscrire le CHU dans une organisation sanitaire en niveau, par région ou bassin géographique avec les autres structures de soins.
a - Hôpitaux locaux (niveau I)
- soins courants
- patients chroniques ou convalescents
- long et moyen séjour
- UPATU
b- Hôpital non universitaire (niveau 2)
- les missions des hôpitaux locaux pour leur bassin de population
- soins aigus nécessitant un plateau technique adapté et un seuil minimal dactivité.
- orientation et diagnostic des pathologies courantes.
- formation des étudiants en médecine et des spécialistes (en réseau avec les CHU)
c - CHRU (niveau 3)
- les missions des CHNU pour leur bassin de population.
- prise en charge des pathologies lourdes nécessitant un plateau technique lourd.
- prise en charge des pathologies rares ou dapparition très récentes
- techniques exceptionnelles
- formation des étudiants en médecine et des spécialistes (en réseau avec les CHNU)
- recherche clinique en réseau avec les CHNU.
3) Adapter les structures aux besoins hospitaliers en évitant les doublons.
4) Cas particulier de P.L.M.
Ces structures doivent être modifiées en vue dune actualisation. Une évaluation fine permettrait de faire bénéficier les autres établissements des éléments positifs et de corriger les défauts retenus tenant à un gigantisme certainement mal adapté à lévolution de lhôpital de demain. Est-il impensable dincorporer ces trois structures dans le cadre des compétences des ARH ?
Par exemple lAP Marseille pourrait être séparée en 2 CHRU, lun Nord, lautre Sud, les Hospices Civils de Lyon en 2 ou 3 CHRU et lAP-HP en 4 ou 5 CHRU.
5) Le corps des hospitalo-universitaires.
LINPH considère comme indispensable de créer des subdivisions au sein des HU. Il propose la création dun corps de PUPH de recherche et de clinique, dun corps de PUPH enseignant et clinicien. Cette subdivision doit sappliquer de la même façon au corps des MCU-PH.
Pour les PH de CHU exerçant des fonctions de recherche ou denseignement, il faut instituer des valences contractuelles avec luniversité de façon à reconnaître ce qui est effectivement fait.
LINPH nest pas opposé à la création dun corps de professeur de clinique.
6) Lorganisation interne des CHU.
a - La CME
Les élections doivent être organisées au sein des collèges de disciplines actuels mais chaque corps élisant son ou ses représentants. Les PUPH élisent les PUPH, les MCUPH élisent les MCUPH et les PH, leur représentant.
b - Les responsabilités des structures au sein des CHRU
6) Le financement des CHU
Il est nécessaire que soient identifiées et clairement séparées les allocations attribuées au titre de la recherche, au titre de lenseignement, au titre de loffre de soins et au titre de la mission sociale de létablissement. Cela permettra de clarifier des situations actuellement difficiles à apprécier objectivement pour permettre un traitement équitable entre toutes les structures dans le domaine des soins et médico-sociaux sans mettre en péril aucune des 4 missions des CHRU.
Au total, lINPH appelle de ses vux une adaptation des CHRU et non pas leur disparition.
LINPH reste attachée à la pérennité dune interface entre la recherche fondamentale et la pratique clinique. Cela ne se peut quen adaptant les textes actuels à la situation contextuelle.