Au moment où l'INPH présente sa plate-forme de travail, le malaise de l'hôpital public fait ]'unanimité. C'est un fait aujourd'hui. La prise en compte de ce mal-être est un acquis que l'INPH, première intersyndicale des praticiens hospitaliers en France, peut légitimement revendiquer.
Une année d'actions pour un état des lieux reconnu.
Avec volonté et audace, l'INPH a réussi à sensibiliser lensemble des acteurs. De l'unanimité surgit l'urgence.
Il est vrai que la profonde démotivation des praticiens risquait - et risque toujours - à bref délai, de paralyser le fonctionnement du système de soins.
Cela n'est ni envisageable ni tenable.
L'hôpital public français est au sommet d'un angle grand ouvert sur notre société. L'INPH y est attaché et défend chaque jour la notion de service public en tant que service " rendu au public ": il doit être régi, comme par te passé, en fonction des principes de continuité, d'égalité, de neutralité et de transparence, Mais il doit aussi être en évolution constante. Certes l'hôpital public accepte les nouvelles missions que les tutelles lui confient, au regard de ses compétences et du dévouement dont il fait preuve : la solidarité est sa vocation.
Mais rien ne peut être entrepris sans moyens.
C'est pourquoi dans ce document collectif de travail, l'INPH a souhaité non seulement poser les questions de notre temps mais a aussi tenté d'y répondre afin de rétablir une vérité : celle du terrain.
quel système de santé voulons-nous ?
quel mode d'organisation des soins ?
quel modèle d'accès à ceux ci ?
quelle est la place des praticiens ?
S'il est exact que nous avons passé le cap de la désillusion, nous ne franchirons pas celui du désintérêt. Nos positions et notre rôle sont trop importants, notamment vis à vis des plus jeunes, d'un point de vue pédagogique comme d'un point de vue psychologique.
L'hôpital public, est un outil technique performant ; il est aussi le pilier central de l'édifice de la santé, comme moteur de recherche et d'enseignement, comme puissance économique, et comme lien social : c'est notre maison commune ; reste que cette maison n'est pas à vendre, ni en totalité, ni par appartements.
A cet égard, la coopération "public-privé" peut parfois être recherchée ; mais les usagers souhaitent-ils réellement que la complémentarité entre le secteur public et secteur privé les prive, à terme, de leur libre choix par l'absence de concurrence ?
Ont-ils pris conscience du risque d'un système hospitalier à deux vitesses où qualité des soins, justes soins, et accès de tous aux soins pourraient s'effacer devant des critères purement comptables ?
Autant d'équations que nous devons contribuer à résoudre. Les solutions portent les noms de remobilisation des acteurs de la santé, de réconciliation avec les usagers, et d'évolution négociée pour un hôpital de demain évalué, adapté et accrédité, rénové et reconnu.
Comme l'a dit Mme Martine AUBRY : " il faut se sentir frustrés de parler de santé qu'au travers de l'examen des lois de financement ".
Mais alors quels remèdes contre cette frustration ?
Au printemps prochain une loi dite de modernisation devrait apparaître. L'INPH en attend transparence et modernisation de l'organisation interne de l'hôpital. Cette attente ne peut pas être déçue.
Le défi consiste à prendre le contre-pied des habitudes passées. Le pari est celui de l'homme.
A nous d'imaginer et de proposer le meilleur dispositif possible pour que les défauts répertoriés ne constituent plus des obstacles et deviennent des atouts.
Pour l'INPH le service public est d'une évidente actualité.
C'est la raison de notre engagement.
Et de l'engagement à l'ambition il n'y a qu'un pas : celui qui nous conduit à construire ensemble l'hôpital de demain.
Rachel BOCHER
Présidente de lINPH